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Apprendre le japonais — Mon parcours jusqu'ici · Partie 1 : Growth Mindset

Le senior engineer Alexandre Lim raconte son arrivée à Tokyo en 2022, ses 4 ans d'apprentissage du japonais en solo (JLPT N3 en janvier 2025), pis le Growth Mindset de Carol Dweck qui l'a aidé à pas abandonner. Partie 1 d'une série honnête sur l'apprentissage d'une langue en travaillant à temps plein.

6 min
Alexandre LimLinkedIn

Senior Engineer chez Abbeal, Pôle Asie · Tokyo. React, testing frontend, software craftsmanship. Apprend le japonais depuis 2022.

2 septembre 2022. J'ai atterri à l'aéroport de Haneda, Tokyo. C'était ma première fois au Japon, pis je n'étais pas là comme touriste mais pour y vivre pis travailler dans le bureau japonais d'Abbeal.

Tout était nouveau pis écrasant. Encore aujourd'hui, je me rappelle du mélange de nervosité pis d'excitation, pis de la première fois que j'ai utilisé mon japonais bancal dans une vraie situation. C'est ben drôle : la première fois que je suis allé au FamilyMart de Shibuya, quand le caissier m'a demandé si je voulais un sac de plastique, j'ai pas compris parce que j'avais juste appris le mot 「袋」(ふくろ) dans mon manuel. Il avait en fait dit 「レジ袋」(レジぶくろ), qui se traduit littéralement par « sac de caisse ». Mais à cause du rendaku, le changement sonore de ふくろ à ぶくろ, j'ai pas reconnu le mot que je connaissais.

C'était le début d'un long parcours. Ça fait 4 ans que j'ai commencé à apprendre le japonais. J'ai passé le JLPT N3 en janvier 2025. J'suis pas allé dans une école japonaise. J'suis arrivé icitte à 29 ans, j'ai commencé à travailler tout de suite, pis j'ai appris le japonais sur mon temps libre en chemin.

Te parler de ma routine d'étude pis des outils que j'utilise ça va rien changer si t'abandonnes six mois plus tard. Notre pire ennemi, c'est nous-mêmes. C'est pour ça que je veux commencer par partager l'état d'esprit qui m'a aidé à tenir. Dans la partie 2, je vais partager ce qui a marché pour moi pour continuer. Pis dans la partie finale, je vais te donner ma routine quotidienne pis mes recommandations de contenus.

Le Growth Mindset

Apprendre le japonais, c'est difficile. C'est pas juste comprendre pis parler des mots ou écrire des kanji. C'est aussi s'ouvrir à la culture du Japon, à son monde, à sa société, à sa façon de penser. Par exemple, « lire l'air » (空気を読む) c'est un des concepts les plus importants à saisir (ou au moins à essayer de saisir). Le japonais c'est une langue indirecte, à contexte élevé, avec des nuances que les manuels peuvent pas toujours capturer pis qui se saisissent juste à travers l'expérience pis parfois des situations gênantes...

D'après mon expérience, en étudiant de façon constante au moins 2h par jour, ça prend environ 2-3 ans pour atteindre un certain niveau de fluidité pour la vie de tous les jours. Pour les contextes professionnels, ça prend plus que 5 ans. Ben sûr, y'en a qui apprennent plus vite, pis ben des variables peuvent ralentir ou accélérer le processus, comme les locuteurs chinois qui connaissent déjà les kanji.

Je veux pas donner de faux espoirs ou de rêves. Ça demande un effort constant sur une longue période. Ben du monde abandonne en chemin. C'est un danger auquel tout le monde fait face au début du parcours pis il est toujours tapi quelque part, prêt à nous sauter dessus dès qu'on montre de la faiblesse.

Y'a des années, j'ai découvert le Growth Mindset de Carol Dweck. Un growth mindset, c'est la croyance que l'intelligence pis les talents peuvent être développés par l'effort pis l'apprentissage. C'est l'opposé du fixed mindset, la croyance que l'intelligence pis le talent sont des traits statiques qu'on a ou qu'on a pas. Y'a de la profondeur pis de la nuance pis je recommande fortement cette conférence de Carol Dweck.

Les affaires me viennent pas facilement, mais adopter un Growth Mindset m'aide à rester positif pis à croire que je peux m'améliorer pis que mes efforts vont pas me trahir. Même lentement, je dois continuer à bâtir mon japonais étape par étape. Y'a un mot japonais célèbre qui décrit ce processus : Kaizen (改善). Ça veut dire « changement pour le mieux », pis ça fait référence à la pratique de faire des petites améliorations continues au fil du temps.

Ça a pris du temps mais avec quelques heures par jour, j'ai pu atteindre le niveau JLPT N3. Abbeal couvrait 2 heures par semaine de cours en ligne pis j'étudiais tout seul avant ou après le travail presque à tous les jours.

Le N3 me semblait tellement loin quand j'ai commencé. Juste penser au nombre de kanji pis de vocabulaire à mémoriser me submergeait. J'osais pas penser trop loin au N2 parce qu'y a un saut significatif comparé aux exigences du N3.

« Est-ce que je peux vraiment le faire ? » « Combien de temps ça va prendre ? » Y'a eu des moments où ces questions m'ont inondé la tête, pis j'ai commencé à douter de moi. En me rappelant d'adopter un growth mindset, j'ai évité le piège de tomber dans le doute de soi. Je me suis dit que même si j'suis moyen, avec un effort dédié, je peux le faire. Au final, je l'ai vraiment fait. Le N3 est derrière moi, pis le N2 est astheure à portée.

Y'a pas de raccourci magique pour apprendre une langue. Le growth mindset c'est une des armes nécessaires, mais c'est pas assez pour nous mettre à l'abri du danger d'abandonner. La clé, c'est l'effort quotidien constant combiné au temps. Ça se compose, ça mène à des résultats qu'on pensait pas possibles quand on a commencé. Mais comment continuer à étudier à tous les jours pendant des années sans abandonner ? C'est ce que je vais couvrir dans la deuxième partie.

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